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Musique classique et opéra par Classissima

Antonio Vivaldi

vendredi 30 septembre 2016


Les blogs Qobuz

20 septembre

Eliogabalo à Garnier et Tosca à Bastille

Les blogs Qobuz « Eliogabalo » de Cavalli. Nadine Sierra (Flavia Gemmira), Paul Groves (Alessandro Cesare), Elin Rombo (Anicia Eritea), Valer Sabadus (Giuliano Gordio) / © Opéra National de Paris – Agathe Poupeney Eliogabalo de Cavalli Ne craignons pas de le dire, il y a une petite demi-heure d’action scénique de trop dans cet Eliogabalo jusqu’ici ignoré. La musique, elle, on en reprendrait sans se lasser : en rien répétitive, mais inventive, avec ses recettes certes, mais si fraîche d’idées, et de timbres ! Et ces timbres, rendus avec une si exquise et pénétrante sensualité par la Cappella Mediterranea dirigée par Alarcon, qui semble n’être parfois qu’une seule frémissante mandoline, où viennent pincer des luths. Le livret malheureusement n’offre pas pareilles diaprures, ni variété surtout. La figure (assez monstrueuse) d’Héliogabale, empereur adolescent, exotique et pervers, n’y a plus guère de format : ici petit Néron jaloux, prêt à tuer pour jouir, et c’est tout. Le reste est intrigue, amoureuse surtout, avec malentendus et retours. Du répétitif en vérité, et le dernier acte finirait par s’y étrangler, assez absolu anticlimax. Elin Rombo (Anicia-Eritea), Emiliano-Gonzales-Toro (Lenia), Nadine-Sierra (Flavia Gemmira) / © Opéra National de Paris – Agathe Poupeney À absolument tous les autres égards, on a affaire là à une soirée admirable. L’Opéra de Paris joue évidemment un tour pendable à plus d’un ensemble, hardi mais intermittent, qui doit son existence à des recréations dans ce domaine là précisément. Ce soir les instruments sont d’époque, mais tout cela vibre et vit. Les voix sont des voix, qui nous parlent autant qu’elles chantent (et bien). Pareil casting n’est possible que dans un aussi grand (et opulent) théâtre. C’est de l’argent bien employé. Si la douzaine de représentations annoncées fait le plein, quelle mine feront les spectateurs ainsi mis en appétit, s’entendant offrir ailleurs des cordes maigres de timbre, et des voix blanches ? Franco Fagioli (Eliogabalo) / (© Opéra National de Paris – Agathe Poupeney Elin Rombo (Anicia Eritea), Nadine Sierra (Flavia Gemmira), Valer Sabadus (Giuliano Gordio) / © Opéra National de Paris – Agathe Poupeney Qu’on n’attende d’ailleurs pas de Cavalli de jouissances vocales hédonistes comme en dispenseraient Vivaldi et Haendel, avec roulades et virtuosités extrêmes. Vingt ans et quelque après le Couronnement de Poppée, on n’en est pas du tout là. Du parlare cantando au contraire, le plus souvent, ici supérieurement bien tenu, par tout le monde : et occasionnellement seulement, pour MM. Franco Fagioli (Eliogabalo) et Valer Sabadus (Giuliano Gordio) contre-ténors avérés, l’extravagance vocale qui suffit à justifier certaines soirées. La vertu d’absolument tous les chanteurs, ce soir, c’est la tenue. On pourrait être chez Mozart. C’est presque en surplus que par moments Cavalli permet à Fagioli de faire valoir les agilités stupéfiantes et les ahurissantes extrémités des registres qui mettent en transe l’habituel public de cet admirable artiste. Ce qu’on entend ici, flatté par la tessiture restreinte et le naturel du parlando, c’est le timbre, d’une beauté d’astre et poli, rayonnant, à quelque hauteur que ce soit. Régal pur. Paul Groves (Alessandro) © Agathe Poupeney – OnP Qu’égale à sa façon l’Alessandro de Paul Groves, Belmont et Werther admirables, qui ici-même fut Idoménée : vrai ténor, d’une franchise de métal exemplaire dans le parlando, d’une pureté filée simplement magique dans telle fin de phrase, rêveusement tenue. Plus léger, Valer Sabadus n’est pas moins accompli ; et l’épatant(e) Lenia d’Emiliano Gonzales Toro, entremetteuse digne pendant de l’Arnalta du Couronnement, complète cet exceptionnel quatuor ténorisant où le Zotico de Matthew Newlin apporte sa nuance ironique, l’étonnant Scott Conner en maître cocher étant seul à défendre les clefs de fa. Emiliano Gonzalez Toro (Lenia), Matthew Newlin (Zotico) / © OnP – Agathe Poupeney) Nadine Sierra (Flavia-Gemmira), Franco Fagioli (Eliogabalo) © Opéra National de Paris – Agathe-Poupeney Les dames ne risquent pas de se faire oublier. Le livret ne fait d’elle qu’objets : objets pour une dispute amoureuse. Mais à cela, qui serait bien plat, la musique de Cavalli ajoute quelque chose de cornélien, fier, tendu, et les voici toutes deux d’un tout autre relief : Flavia Gemmira (Nadine Sierra), admirable de timbre, de ligne et de projection, qui certes ne s’en tiendra pas à ses rôles élégiaques ou légers d’aujourd’hui ; et Eritea (Elin Rombo), blonde sans être molle, lyrique, à qui sa plasticité vocale ouvre mille perspectives. À côté de ces deux déesses, il faut bien dire qu’Atilia (Mariana Flores) fait un peu moustique, agréable mais aigrelette, trop contente de plaire. La meilleure surprise d’une soirée déjà si riche en découvertes, c’est Thomas Jolly : un metteur en scène follement à la mode, qui découvre l’opéra et, merveille, ne s’en moque pas mais au contraire le traite dans ses termes propres, laissant parler la musique, faisant bouger (admirablement) ses acteurs, s’abstenant d’effets spéciaux, flashes de néon, vidéos envahissantes etc : tout ce par quoi nos nouveaux metteurs en scène, croyant donner à l’opéra un coup de neuf, l’abrutissent plutôt et l’éclipsent. Miracle de plus, le costumier qu’il s’est choisi, Gareth Pugh, ne craint pas d’être presque classique. Les costumes ne sont pas des oripeaux, ils ont même de la ligne, et de la coupe, Héliogabale se voyant très justement attribuer quelques chasubles et soleils le couronnant en plus, spectaculaires sans faire m’as-tu-vu. Ajoutons le sobre décor de Thibaut Fack, qui laisse l’action fonctionner, on a le grand chelem. Serait-ce que la tendance fatale est en train de tourner ? Qu’on peut espérer que la mise en scène oublie d’en rajouter ? Alors, ce qu’on aura vécu ce soir, c’est mieux qu’un chef-d’œuvre inconnu qui revient au jour. C’est une aurore sur la scène lyrique. Salut, Thomas Jolly ! Palais Garnier, le 16 septembre 2016 Tosca de Puccini « Tosca » à l’Opéra Bastille. Anja Harteros (Tosca) / © E. Bauer (OnP) Un bonheur n’arrivant jamais seul, dès le lendemain une reprise de l’assez quelconque production de Tosca signée Pierre Audi nous apportait l’exceptionnel. Dans un lieu scénique où entrées et sorties semblent laissées au caprice du moment, trois artistes d’absolu premier rang démontraient cette vérité première de l’opéra, dont l’opéra d’aujourd’hui croit trop souvent pouvoir se passer, que la réalité et le ressort premiers, et ultimes, ce sont les chanteurs. Il fallait voir cette Tosca et ce Scarpia-ci affirmer leurs propres personnages, dans le mouvement, dans le geste, dans l’empoignade et le défi, au deuxième acte. C’était eux, les metteurs en scène, s’arrangeant comme ils pouvaient du mobilier, simples accessoires placés là par le concepteur du dispositif. Anja Harteros (Floria Tosca), Marcelo Alvarez (Mario Cavaradossi) / © E. Bauer (OnP) Il est vrai qu’on n’a pas Anja Harteros et Bryn Terfel (Scarpia) devant soi en scène tous les soirs ! Son autorité à lui, la formidable force de caractérisation qui donne un poids (et une pêche) d’enfer à son moindre frémissement de maxillaire, le culot avec lequel il balance ses aigus ou détache ses mots, avec une puissance rentrée qui les fait cingler, c’est un des miracles purs de la scène lyrique d’aujourd’hui. Le format Orson Welles à l’opéra. Elle, Anja Harteros, a montré toutes les facettes d’un talent lyrique unique aujourd’hui : se permettant des chatteries, même vocales, au I, dans la minauderie de Non la sospiri ; sortant ses griffes, aussi acérées que l’ut peut s’asséner dans le défi, au II ; merveille de lyrisme éploré dans sa prière. Mais ne laissant oublier à aucun moment, aucun, que c’est par la voix et la voix seule qu’elle s’incarne ; qu’on pourrait voir cette Tosca les yeux fermés, elle serait aussi réelle, palpable, présente. La plus glorieuse voix du monde, à qui Paris a fait enfin ovation, est plus sublime encore dans Verdi, dont seule au monde elle a la cantilène. Mais la pâte, la luminosité, la malléabilité comme à l’infini d’une pareille voix, certes Puccini sait les faire briller. C’était éblouissant pour tous et, pour le connaisseur, confondant. Anja Harteros (Floria Tosca), Marcelo Alvarez (Mario Cavaradossi) / © E. Bauer (OnP) Marcelo Alvarez (Mario Cavaradossi) ne prétend pas au génie dramatique des deux autres mais la démonstration qu’il offre n’est pas moins précieuse. Passée Recondita armonia où elle n’est pas encore échauffée (pure vacherie de Puccini d’avoir situé là un tel air), la voix s’épanouit, s’amollit, trouvant à l’occasion (c’est le contact d’Harteros qui agit, par sympathie) une morbidezza et des nuances piano, mais piano timbré devenues rarissimes dans la gent ténor. Le si naturel de Vittoria au II claque avec une insolence et une longueur d’un autre âge et un bref instant murmuré dans E lucevan nous transporte en rêve. La voix, pur miracle de l’opéra et, en dernière analyse, son ultime vérité. Un orchestre survolté par Dan Ettinger ne faisait qu’un, timbres exaltés et sublimes, avec ce triomphe. Belle rentrée ! Opéra-Bastille, le 17 septembre 2016

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28 septembre

Crystal Pite dynamite la rentrée du Ballet de l’Opéra de Paris

Danse. 26/IX/16. Paris, Opéra Garnier. Ballet de l’Opéra de Paris / Tino Seghal, Justin Peck, Crystal Pite, William Forsythe. In Creases. Chorégraphie et costumes : Justin Peck (2012). Musique : Philip Glass, Four Movements for two pianos. Piano : Elena Bonnay, Vessela Pelovska. Lumières : Mark Stanley. The Seasons Canon. Chorégraphie : Crystal Pite (création mondiale). Musique : Max Richter, Recomposed : Antonio Vivaldi The Four Seasons. Décors : Jay Gower Taylor. Costumes : Nancy Bryant. Lumières : Tom Visser. Blake Works I. Chorégraphie, scénographie, costumes, lumières : William Forsythe (2016). Musique : James Blake. (Sans Titre) (2016) Chorégraphie : Tino Sehgal (création mondiale). Musique : Art Benjamin Meyer. Avec les Etoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’Opéra de Paris.




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15 septembre

Orchestre National de Lille : temps forts de la nouvelle saison 2016 – 2017

LILLE, Orchestre National de Lille : saison 2016 – 2017. Présentation et temps forts. La nouvelle saison de l’Orchestre National de Lille comprend plusieurs cycles thématiquement forts, emblématiques d’une ligne artistique qui frappe toujours par son engagement (accessibilité, offres renouvelées à destinations des publics…) et son équilibre (diversité des volets musicaux, des interprètes et des phalanges conviées : cette année, Orchestres de Picardie, National de Lyon…). C’est aussi une réflexion vivante sur les formes du concert dont les propositions sont aujourd’hui aussi diversifiées que bien identifiées : les « planète orchestre » (découverte des instruments de l’orchestre de l’intérieur), les concerts flash à 12h30 (places à 5 euros), les ciné-concerts (cette année Ratatouille en février 2017 et Le Cirque en avril suivant) ; sans omettre les offre »Famillissimo », comme les ateliers de découverte musicale, enrichissent pendant toute la saison, une offre de plus en plus proche des publics. Un orchestre à la carte en quelque sorte… de quoi répondre aux attentes de chacun, selon son rythme, selon ses goûts. En cela les actions de l’ONL (Orchestre National de Lille ) sont particulièrement exemplaires, d’autant, – ne l’oublions pas- que le renouvellement des publics reste la grande obsession du milieu musical en France. Non sans raison. La présence complète et continûment active de l’Orchestre sur la toile, à travers ses contenus connectés via ses propres réseaux (site web dédié : www.onlille.com), ses comptes Facebook, Twitter, Youtube, Instagram, Flikr (riches offres de photographies…) démontrent l’activité d’une phalange « high tech » dont il est très facile de suivre les sessions et les accomplissements tout au long de la saison. saison 2016 – 2017 Les 40 ans de l’Orchestre National de LILLE PASSATION ET CONTINUITÉ… C’est surtout pour sa 40 ème saison, en 2016 – 2017, le cycle de la passation et de la continuité, entre le chef fondateur depuis 1976, Jean-Claude Casadesus, et son successeur pour de nouvelles aventures, le français trentenaire, Alexandre Bloch,qui fait donc son entrée sous les projecteurs en ce mois de septembre 2016. Durant ce nouveau cycle musical, 4 programmes majeurs permettent aux spectateurs de découvrir la personnalité du nouveau directeur musical, dès le 29 septembre prochain : programme « Bienvenue Maestro! » (Les 29 et 30 septembre puis les 1er octobre 2016 ). LIRE notre dossier l’Orchestre National de Lille : les 4 programmes dirigés par Alexandre Bloch, nouveau directeur musical de l’Orchestre national de Lille . Musique concertante (Concerto pour violon de Khatchaturian), ballet de Stravinsky, musique américaine, et aussi création contemporaine en une ultime concert de saison, le 1er juillet, confrontant Enfer et Paradis, sans omettre l’opéra, avec Les Pêcheurs de perles de Bizet… déjà les jalons de cette première proposition du nouveau chef est aussi variée qu’ambitieuse. A suivre de près. JEAN-CLAUDE CASADESUS… Les fidèles de Jean-Claude Casadesus – qui reste donc chef fondateur, retrouveront le maestro emblématique de l’aventure symphonique à Lille et dans son territoire, dans le cycle « L’amour & la danse » comprenant 3 volets de décembre 2016 à mars 2017, soit entre autres de superbes pages du romantisme français couplés à des auteurs du XXè et contemporains, égrenant les grandes figures de la passion amoureuse (« Roméo et Juliette », le 1er décembre 2016 ; « L’Extase » : Beethoven, R. Strauss, Scriabine évidemment : les 19 et 20 janvier 2017 ; « Don Juan », avec de R. Strauss : les Quatre derniers lieder / Annette Dasch, soprano, et le poème Don Juan, les 2 et 3 mars 2017). CYCLES SCHUMANN et BEETHOVEN… Plurielle, ouverte, généreuse et furieusement romantique, spécifiquement germanique, la nouvelle saison de l’ONL comprend deux volets à suivre également, dédiés à Robert Schumann et Ludwig van Beethoven. Le symphonisme de Schumann est porté par le souffle de la nature (en particulier le flux impressionnant du Rhin : d’où sa 3ème Symphonie dite « Rhénane ») et surtout par l’amour de son épouse, virtuose du piano, l’incontournable Clara (cycle Schumann joué et dirigé par le pianiste et chef Christian Zacharias : 4 programmes à partir du 4 octobre 2016 et jusqu’au 24 juin 2017). Tout orchestre ne peut s’enrichir s’il n’aborde régulièrement le génie beethovénien : ainsi l’ONL propose en 2 dates (12 et 13 janvier 2017), l’intégrale des 5 Concertos pour piano avec la complicité du pianiste qui dirige aussi l’Orchestre, Rudolf Buchbinder. CREATIONS : 2 COMPOSITEURS EN RESIDENCE : créations et leçons… Deux personnalités contemporaines colorent de leur écriture propre la saison nouvelle à Lille : le français Yann Robin, dont la sensibilité et l’acte de composition s’inscrivent au carrefour du Jazz, du classique et du rock… Création de son Concerto pour violoncelle et orchestre les 13, 14, 15 octobre 2016, puis flamboyante et puissante évocation des Enfers, « Inferno » (nouvelle pièce en création mondiale), confronté à l’angélisme irréel du Requiem de Fauré (dernier épisode : In Paradisum), le 1er juillet 2017 (qui est aussi le concert de clôture dirigé par Alexandre Bloch). De son côté, Hector Parra est catalan : il achève sa coopération avec l’ONL lors du concert de passation entre Jean-Claude Casadesus et Alexandre Bloch, avec sa nouvelle pièce en création française, « InFALL », les 29, 30 septembre puis 1er octobre 2016. En complément, les deux compositeurs résidents proposent tout au long de la saison, plusieurs « Leçons de musique », introductions aux concerts affichés, selon leur propre expérience / sensibilité de la musique ; les deux créateurs pédagogues s’expriment évidemment sur leurs propres oeuvres et aussi sur les autres programmes de l’ONL… 9 lectures sont ainsi proposées du 29 septembre 2016 au 1er juillet 2017. L’Orchestre National de Lille au diapason baroque ELARGISSEMENT DU REPERTOIRE : 2 fois HAENDEL, 1 fois VIVALDI mais « en 2.0 »… L’ONL n’en est plus à un nouveaux défis près. Trois concerts événements indiquent cette ouverture de la vision, servie par un geste décomplexé qui en dit long sur l’envie des instrumentistes d’enrichir leur expérience, d’affiner leur pratique, de découvrir d’autres dispositifs musicaux… C’est d’abord l’éloquence scintillante et dansante du Water Music de Haendel, les 24 et 26 janvier 2017 sous la baguette de Jan Willem de Vriend : comment sonnera l’orchestre confronté au langage et à la syntaxe musicale baroque ? Puis les 23 et 25 mars 2017, immersion dans l’univers personnel de Max Richter qui revisite les Quatre Saisons de Vivaldi : le sommet de la musique orchestrale du XVIIIè italien et baroque (1725) y est réarrangé, enrichi de sonorités contemporaines : soit la version 2.0 d’un Vivaldi, revivifié, « au charme jubilatoire ». Enfin le même Jan W. de Vriend dirige Le Messie de Handel, les 5 et 6 avril 2017 : les instrumentistes de l’ONL poursuivront ainsi leur maîtrise de la grammaire baroque propre au Saxon, dans une partition particulièrement riche en vagues chorales (Choeur de la Radio Flamande) et en évocations d’une Nature miraculeuse : un cycle panthéiste et naturaliste qui annonce par son ampleur poétique, La Création de Haydn, au siècle prochain… DES ORCHESTRES, DES CHEFS… Enfin, la richesse d’une saison se mesure certes par la grande diversité des programmes et des oeuvres annoncés ; ce sont aussi les personnalités des chefs invités qui se distinguent et caractérisent la programmation dans son ensemble : outre les Christian Zacharias, Rudolf Buchbinder, Jan W. de Vriend, déjà cités, la premier orchestre de la région lilloise se laissera dirigé, porté par des sensibilités plurielles aux programmes inévitablement prometteurs : l’excellente Debora Waldman dans un programme « Famillissimo », El dia de los muertos (le jour des morts / « un Halloween mexicain » : œuvres de Moncayo, Ayala Pérez, Revueltas, Marquez… les 28 et 29 octobre 2016 : on sait aujourd’hui l’acuité vive et la pertinence ciselée de la direction de Debora Waldman qui est aussi l’audacieuse, ambitieuse créatrice de son propre orchestre « Idomeneo »; VOIR notre reportage vidéo L’Orchestre Idomeneo et Debora Waldman) . De toute évidence, un programme haut en couleur et en tempérament. Le 9 décembre 2016, le Nouveau Siècle à Lille accueille dans le cadre des échanges interorchestres, Joshua Weilerstein qui pilote l’Orchestre national de Lyon dans un programme intitulé « Le rêve américain » (Stravinsky, Milhaud, Gershwin, sans omettre la création française du Concerto pour saxophone de John Adams…). De la même façon, le samedi 13 mai 2017, le chef Arie van Beek dirige l’Orchestre de Picardie dans une programme Beethoven (Symphonie n°8), Stravinsky et Prokofiev. A la tête de l’ONL, Mark Shanahan (qui est aussi un excellent chef lyrique… à Angers Nantes opéra entre autres) pilote la Symphonie Pathétique n°6 de Tchaikovsky, le 1er février 2017. Enfin, curiosité attendue, Mark Minkowski, récent directeur de l’Opéra de Bordeaux, qui vient à Lille diriger la sublime Symphonie en ré de César Franck, sommet du romantisme français tardif post wagnérien (1881) – en cela un jalon majeur dans l’histoire de la musique en France et donc un rendez vous hautement symphonique spirituel et flamboyant, à ne manquer sous aucun prétexte: le 9 mars 2017 (couplée avec la Symphonie n°2 de Saint-Saëns). Eclectique et inventive, la nouvelle saison de l’Orchestre National de Lille 2016 – 2017 a bien des arguments pour convaincre et surprendre. INFOS, RESERVATIONS, contenus exclusifs… toutes les offres sur le site de l’Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch, nouveau directeur de l’Orchestre National de Lille © U.Ponte/ONL Lille 2016

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10 septembre

Marguerite, l’antidiva, avec Catherine Frot

Télé. Marguerite : l’antidiva, avec Catherine Frot. Canal+, le 13 septembre 2016, 20h50. Sorti en septembre 2015, le film franco-belge a depuis permis à l’excellente actrice dans le rôle titre, Catherine Frot de recevoir le Prix de la meilleure actrice lors de la remise des Césars 2016 : une consécration tout à fait méritée tant son jeu et sa finesse dramatique restitue au personnage véridique, une sincérité bouleversante. Si la riche américaine Florence Foster Jenkins se voulait diva légendaire n’ayant aucun voix et surtout chantant très faux, sa passion pour la musique et sa loyauté à servir son rêve la rendent touchante. Au démarrage du projet cinématographique, c’est en écoutant la fameuse bande enregistrée de Florence Foster Jenkins interprétant (massacrant) l’air de la reine de la nuit de La Flûte enchantée de mozart, que le réalisateur, Xavier Giannoli, saisi par l’histoire de l’Américaine, conçut un scénario pour une fiction. Naïveté d’une riche américaine à se représenter comme une diva ; hypocrisie de son entourage qui ne lui a jamais avoué qu’elle chantait faux… le mélange de candeur et de mensonge a imposé l’idée d’un excellent drame pour le grand écran. Catherine Frot dans le rôle-titre fait ainsi en 2015 un retour remarqué, elle qui n’avait pas incarné un personnage consistant depuis la comédie Les Saveurs du palais de Christian Vincent en 2012. Au delà du jeu dramatique, l’actrice française sait exprimer la part de sincérité dans la démarche pathétique d’une femme qui se rêve diva sans en avoir les moyens, et qui cynisme abject, est même encouragée par son entourage à poursuivre dans ce sillon pernicieux. Catherine Frot avoue avoir été particulièrement touchée par la sincérité de cette femme dont l’amour de la musique dévoile en vérité, une âme d’artiste. La comédienne a pris soin de travailler son chant pour le film afin de révéler ce qu’il y a de beau c’est à dire de touchant, à jouer et chanter faux. Pour mieux comprendre l’époque et restituer l’ambiance sociale propres aux années 1940, l’actrice a lu de nombreuses biographies des grandes divas de l’Entre-Deux-Guerres, une période où les chanteuses ont été particulièrement acclamées voire divinisées, telles Rose Caron à Fanny Heldy… Même s’il a été doublée, grâce au concours d’une chanteuse professionnelle possédant la technique vocale d’une chanteuse d’opéra, Catherine Frot a travaillé postures et mimiques d’une cantatrice aguerrie. Le film regorge d’extraits et de citations musicales ; les mélomanes retrouvent les pages de “Casta Diva” de Bellini ; plusieurs airs d’opéras baroques (Purcell, Vivaldi…), du jazz, des morceaux plus récents signés Poulenc et Honegger, du dideridgoo australien ou encore de la musique indienne. Au même moment que le tournage français, Hollywood s’est aussi passionné pour l’histoire de Florence l’antidiva américaine et Xavier Giannoli a appris qu’un biopic hollywoodien se concrétisait alors dédié à Florence Foster, fiction américaine, intitulé Florence Foster Jenkins, réalisée par Stephen Frears avec Meryl Streep dans le rôle de la cantatrice et Hugh Grant, dans ce lui de son compagnon, amusé, désabusé, aimant et complice de ce mensonge entretenu… Anecdote : le visuel de l’affiche du film Marguerite, s’inspire d’une photo réelle de Florence Foster Jenkins sur laquelle la pseudo diva américaine apparaissait avec une paire d’ailes d’ange blanches dans le dos ainsi qu’un diadème de reine. Ainsi en 2015, à défaut de rentrer au panthéon des divas de l’opéra, Florence devenue Marguerite s’est imposée au grand écran, passant d’un rêve lyrique avorté à une incarnation cinématographique saisissante. Dans le film, Catherine Frot a rencontré le comédien Michel Fau qui joue Atos Pezzini, le professeur de chant de Marguerite, personnalité fantasque qui sous couverte de sincérité, entretient la pseudo diva dans le mensonge de sa vie. Après la fin du tournage, les deux acteurs ont collaboré ensemble au théâtre dans la pièce “Fleur ce Cactus” de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy, pièce que le comédien met en scène et dans laquelle l’actrice tient le rôle principal. En filigrane, à travers ce biopic qui est surtout un drame sentimental, le film Marguerite tente d’élucider la part ténue d’une personnalité qui cherche à trouver le moyen de poursuivre et nourrir son histoire d’amour. Certes les scènes où la fausse diva massacre les airs célèbres de l’opéra sont du plus haut comique, mais leur part dérisoire exprime aussi une vérité qui nous touche. Marguerite COMÉDIE DRAMATIQUE - Franco-belge (2015) - 2h09 Réalisateur : Xavier Giannoli Avec : Catherine Frot, André Marcon… Date de sortie : Mer. 16 septembre 2015 Diffusion TV : mardi 13 à 21:00 sur CANAL+



Carnets sur sol

8 septembre

Voir le discours musical

Expérience intéressante : la retransmission de la Huitième Symphonie de Mahler à Lucerne. Abbado devait la jouer il y a quelques années, mais, malade, n'avait pu le faire ; aussi Chailly a-t-il complété cette année le dernier volet manquant au cycle. Ce n'est pas un événement en manque de publicité, il a été diffusé sur Arte (avec sous-titres, même), et a bien sûr fait très rapidement surface en ligne (pas sûr qu'il y reste, il y a apparemment un partenariat avec Medici.tv qui vend ses vidéos à la demande), pourquoi le mentionné-je ? Deux impressions étonnantes à partager. ¶ Contre toute attente, j'ai trouvé une certaine parenté avec la manière d'Abbado dans le résultat – ce qui est d'autant plus étrange que les musiciens ne sont pas du tout les mêmes qu'à l'époque de la Résurrection, et que Chailly n'a pas en général les mêmes tracés ronds et enveloppants, plutôt tourné vers le coloris. Est-ce de l'autosuggestion, je ne puis dire – elle est surprenante dans la mesure où je suis beaucoup plus attiré par Chailly et n'y cherche donc pas du tout d'Abbado… ¶ La réalisation vidéo, la plaie des retransmissions, en est exemplaire à un point spectaculaire : chaque entrée est documentée par un changement de plan, qui démarre très exactement au moment où les musiciens la jouent. En régie, Ute Feudel doit avoir assisté à toutes les répétitions et avoir la main sur la partition en permanence ! Les départs sont donnés avec la même précision que si la réalisatrice était le suggeritore embauché par Chailly, ce qui permet de documenter chaque entrée de chaque tuilage, et d'avoir toujours les yeux sur l'action. Épatant, il faudrait plus de vidéos de cette qualité (sur des œuvres plus accessibles) pour initier les néophytes à l'écoute symphonique. Bien sûr, cela réclame une armée de cameramen pour disposer à chaque instant de tous les angles nécessaires… Sinon, le résultat musical est bien sûr très beau – quand on joue Mahler avec de grands musiciens, c'est suffisamment écrit pour rendre forcément un effet convaincant, ce n'est pas une musique fragile comme peuvent l'être Schubert ou Schumann –, très intense, très juste. Côté vocal, les chœurs sont très beaux (de grandes références : Radio Bavaroise, Radio Lettonne, Orfeón Donostiarra et le Tölzer Knabenchor), mais ce n'est pas trop la fête du côté des solistes – si Ricarda Merbeth demeure inébranlable (à défaut de grâce ineffable), Juliane Banse semble être en méchante méforme (son émission arrière, qui lui a toujours fait des aigus difficiles, ne pardonne pas en cas de mauvais soir), Andreas Schager force étonnamment (la partie est impossible avec beaucoup d'aigus très hauts, très longs, très doux et très puissants à la fois, très peu de ténors s'en sortent bien), Peter Mattei semble aussi forcer un peu sa nature (pour passer l'orchestre avec son émission douce), et Samuel Youn détimbre assez désagréablement, du moins en retransmission (ce semble plutôt lié à la nature même du placement). Restent Sara Mingardo, qui m'a toujours paru minuscule, et qui semble, plus de dix ans après la dernière fois où j'ai dû sortir le cornet acoustique (au quatrième rang dans du Vivaldi…), se promener sans difficulté au milieu de cet orchestre pléthorique (syndrome Stutzmann, Mahler la rend soudain très sonore ?), et bien sûr Mihoko Fujimura, au hiératisme irrésistible (son répertoire est étroit, mais en contrepartie, elle est toujours la meilleure partout !). Un rien décevant, donc, par rapport à l'affiche vocale, mais tout est emporté avec un bel enthousiasme, pas de panique, tout va bien. Quoi qu'il en soit, si l'on n'a pas la partition d'orchestre sur les genoux, regarder cette vidéo est le meilleur conseil possible pour entrer dans la logique de la symphonie, remarquable. [Mais non, je vous en prie.]

Antonio Vivaldi
(1678 – 1741)

Antonio Vivaldi (4 mars 1678 - 28 juillet 1741), était un violoniste et compositeur italien. Vivaldi a été l’un des virtuoses du violon les plus admirés de son temps ; il est également reconnu comme l’un des plus importants compositeurs de la période baroque, en tant qu'initiateur principal du concerto de soliste, genre dérivé du concerto grosso. Son influence, en Italie comme dans toute l’Europe, a été considérable, et peut se mesurer au fait que Bach a adapté et transcrit plus d’œuvres de Vivaldi que de n'importe quel autre musicien. Son activité s’est exercée dans les domaines de la musique instrumentale, particulièrement au violon, et de celui de la musique lyrique, et elle a donné lieu à la création d’un nombre considérable de concertos, sonates, opéras, pièces religieuses: il se targuait de pouvoir composer un concerto plus vite que le copiste ne pouvait le transcrire. Sa véritable reconnaissance a eu lieu pendant la première moitié du XXe siècle Aujourd’hui, certaines de ses œuvres instrumentales, et notamment les quatre concertos connus sous le titre « Les Quatre Saisons » comptent parmi les plus populaires du répertoire classique.



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